Maladies de la tomate en photos : l'atlas pour identifier la tienne
Taches, jaunissement, fruit abîmé ? Compare tes symptômes à cet atlas des maladies de la tomate — mildiou, alternariose, oïdium… et le piège du cul noir.
Tes tomates ont des taches, des feuilles qui jaunissent ou un fruit abîmé, et tu ne sais pas ce que c’est ? Avant de traiter au hasard, il faut identifier. Voici un atlas des problèmes les plus fréquents sur la tomate — avec, à chaque fois, comment les reconnaître et un lien vers la fiche détaillée. Et attention : tout ce qu’on prend pour une « maladie » n’en est pas une.
💡 Le plus rapide : prends ta plante en photo dans l’app Potager Pro, l’IA compare tes symptômes et te dit ce que c’est. Sinon, déroule l’atlas.
🍅 Mildiou
Le grand classique de l’été humide. Taches brunes un peu huileuses, mal délimitées, sur les feuilles ; par temps humide, un duvet blanc-gris apparaît au revers. Il touche aussi les tiges et donne des plages brunes fermes, à la surface marbrée et bosselée sur les fruits. Évolution rapide.
Ne confonds pas : l’alternariose fait aussi des taches brunes, mais en cercles concentriques nets et sans duvet au revers. Le geste immédiat : supprime les organes atteints par temps sec, ne mouille plus le feuillage, et surveille après chaque pluie tiède — le mildiou se joue en jours, pas en semaines. → Fiche mildiou de la tomate · le reconnaître en photo · le traiter naturellement
🎯 Alternariose (« early blight »)
Des taches brunes avec des cercles concentriques (comme une cible) cernées de jaune, qui apparaissent d’abord sur les feuilles du bas, les plus âgées. À ne pas confondre avec le mildiou.
Ne confonds pas : la septoriose fait des taches bien plus petites et plus nombreuses ; le mildiou des taches floues sans cercles. Le geste immédiat : retire les feuilles basses atteintes, paille le sol (les spores remontent par éclaboussures) et espace les arrosages du feuillage.
L’alternariose aime l’alternance chaleur-humidité : journées chaudes, rosées matinales, orages d’été. Elle s’attaque de préférence aux plants fatigués — chargés en fruits, mal nourris, ou stressés par la sécheresse — et progresse du bas vers le haut du plant. Sur les fruits, elle peut former des taches sombres et déprimées près du pédoncule. La progression est plus lente que celle du mildiou : tu as le temps d’agir, à condition de retirer les feuilles marquées dès leur apparition plutôt que d’attendre que l’étage suivant soit touché. → Fiche alternariose
⚪ Oïdium
Une poudre blanche farineuse sur le dessus des feuilles, par temps plutôt chaud et sec. C’est un champignon de surface.
Le piège du bicarbonate : on lit partout qu’il « soigne » le mildiou — c’est faux. Le bicarbonate n’est pas un produit homologué, son efficacité est variable, et il concerne l’oïdium (ce champignon de surface), pas le mildiou (deux maladies différentes). Ne confonds pas la poudre blanche (oïdium) et les taches huileuses (mildiou).
Le geste immédiat : aère (taille de quelques feuilles pour la circulation d’air), arrose au pied sans stresser la plante — l’oïdium adore les plantes stressées par la sécheresse. → Fiche oïdium
⚠️ Cul noir (nécrose apicale) — LE PIÈGE
Une tache brune-noire, plate, comme enfoncée au bout du fruit (à l’opposé de la queue). Beaucoup croient à une maladie : ce n’en est pas une. C’est un trouble physiologique — la plante n’amène pas assez de calcium jusqu’au fruit, souvent à cause d’un arrosage en dents de scie. Non contagieux, aucun fongicide n’y fera quoi que ce soit : la réponse, c’est un arrosage régulier.
Le geste immédiat : paille, arrose RÉGULIÈREMENT (mieux vaut souvent et modérément que rarement et beaucoup), et retire les fruits marqués — les suivants seront sains si l’arrosage se stabilise. → Fiche nécrose apicale
🟤 Septoriose
De nombreuses petites taches rondes brunes à centre clair, surtout sur les feuilles basses, qui jaunissent puis sèchent. Très fréquente par temps humide.
Ne confonds pas : l’alternariose fait des taches plus grosses, en cible ; la septoriose mitraille de petits points. Le geste immédiat : supprime les feuilles touchées, ne composte pas les débris atteints, et rotation l’an prochain — le champignon hiverne sur les débris.
Deux repères aident à confirmer : à la loupe, le centre gris clair des taches montre de minuscules points noirs (les organes de fructification du champignon), et la septoriose épargne généralement les fruits — si tes tomates elles-mêmes sont tachées, cherche plutôt du côté du mildiou ou de l’alternariose. Le vrai danger de la septoriose n’est pas direct : en défoliant le plant étage par étage, elle expose les fruits au soleil (coups de soleil, maturation bloquée). D’où l’intérêt d’enlever tôt les feuilles atteintes, mais sans effeuiller à outrance : chaque feuille saine retirée en trop, c’est du sucre en moins pour les fruits. → Fiche septoriose (tache brune)
🥀 Flétrissement (fusariose et compagnie)
La plante flétrit, jaunit, souvent d’un seul côté, malgré un arrosage correct, et les vaisseaux brunissent à l’intérieur de la tige. Plusieurs champignons du sol donnent ce tableau (fusariose, verticilliose…) et on ne les distingue pas de façon fiable à l’œil nu — un diagnostic s’impose.
Le geste immédiat : vérifie d’abord l’arrosage (un simple stress hydrique donne le même tableau au début) ; si le flétrissement persiste malgré un sol frais et que la coupe de tige montre des vaisseaux bruns, arrache le plant et ne replante pas de tomate au même endroit. → Fiche fusariose
🌀 Viroses (feuille en cuiller, mosaïque)
Feuilles déformées, enroulées « en cuiller », gaufrées, ou marbrées de vert clair et foncé (mosaïque). Il n’existe pas de traitement curatif : on arrache les plants atteints et on soigne l’hygiène (mains, outils).
Le geste immédiat : lave-toi les mains et désinfecte les outils après avoir touché un plant suspect (le ToMV se transmet par contact), et n’utilise jamais les graines d’un plant atteint.
Ne confonds pas : des feuilles basses qui s’enroulent vers le haut en pleine canicule, fermes et bien vertes, sont le plus souvent un enroulement physiologique — une réaction au stress (chaleur, taille sévère, excès d’azote), sans gravité et réversible. La virose, elle, s’accompagne de déformations irrégulières, de marbrures ou d’un port anormal du jeune feuillage. Et si le doute persiste, raisonne en éliminations : pas de taches (donc ni mildiou ni septoriose), pas de poudre (pas d’oïdium), pas de flétrissement d’un côté (pas de fusariose) — il reste le stress ou le virus, et seule l’évolution sur quelques jours (ou une analyse) tranche. → Fiche virus de la feuille en cuiller
Le bon réflexe
Trois questions suffisent souvent à dégrossir : où (feuilles du bas/haut, tige, fruit) ? quel aspect (taches huileuses, poudre, cible, flétrissement) ? par quel temps (humide → mildiou/septoriose ; sec → oïdium) ? Pour le détail, ces repères sont relayés par la recherche agronomique publique (plateforme Ephytia de l’INRAE). Et au moindre doute, la photo tranche mieux qu’une intuition.
Photos : contributeurs Wikimedia Commons (auteur et licence, avec liens, sous chaque image — registre de provenance complet dans le dépôt du site, docs/images-provenance.md). Chaque cliché a été vérifié : espèce hôte tomate ET symptôme correspondant à la section.